Laïcisme


​La "religion" du laïcisme


C'est Jésus Christ, et Jésus Christ seul, qui nous a appris à faire la distinction entre Dieu et l'Etat : " Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ” (Mt 22, 21).
(A noter que l'on explicite rarement, et c'est dommage, la 2e partie : " Rendez donc [...], et à Dieu ce qui est à Dieu ”...) 

La séparation de l'Eglise et de l'Etat est une notion chrétienne.
Cela ne se voit en aucune autre civilisation : autrefois le souverain était, le plus souvent, divinisé (entre autres, César était divinisé), aujourd'hui, souvent, c'est l'homme qui est divinisé. Dans tous les cas on divinise une ou plusieurs idoles. Comme autres idoles qui ont été, ou qui sont, divinisées il y a aussi le "matérialisme historique", la race, l'économie, la collectivité, l'individu, etc.

Rendre à César ce qui est à César ne veut pas dire que César doit ignorer Dieu, ne veut pas dire qu'il doive ignorer sa dépendance à Dieu. Cela veut dire que Dieu délègue des choses à César et que c'est, dans le périmètre de responsabilités qui la concerne,  une vraie délégation, et que les citoyens doivent obéissance à César dans ce périmètre dont il a la gouvernance. Cette délégation n'a pas à être en contradiction avec le projet global de Dieu, car le périmètre de responsabilités de cette délégation fait qu'il n'y a pas de raison qu'elle entre en contradiction. Idem quand on parle de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'Eglise s'occupe de ce qui intéresse le plus Dieu : le salut des âmes. L'Etat s'occupe du bien commun "terrestre" :  bien commun qui comporte en premier lieu de tout mettre en oeuvre pour faciliter aux âmes leur propre recherche du salut, mais aussi tout le reste du bien commun terrestre.

En pratique, et cela se voit tout particulièrement bien en France, le laïcisme est une idéologie qui est un "système philosophique". Ceci d'ailleurs se vérifie même au plan étymologique : le suffixe "isme" signifie "rien que".

Une idéologie, un "système philosophique", par nature, est souvent comme une religion "sans Dieu", une fausse religion qui déifie une ou des idoles. L'idole peut être par exemple, comme déjà mentionné plus haut dans la cas du nazisme, la race. Souvent l'idole d'une idéologie est le système d'idées lui-même qui constitue cette idéologie, l'idole est l'idéologie elle-même.

Une idéologie, par nature, est un système intellectuellement totalitaire : on prétend que tout s'explique par cette idéologie, que tout doit suivre cette idéologie. En pratique toute idéologie installe un système totalitaire, ou qui tend vers un système totalitaire.

Vis à vis de Dieu il n'est pas possible d'être neutre. Le laïcisme, lorsqu'il prétend, même en toute bonne foi —ce qui est loin d'être le cas le plus fréquent—, être neutre vis à vis de Dieu, est complètement dans l'erreur ou le mensonge, c'est une utopie. Si Dieu existe, on ne peut pas tout faire comme s'il n'existait pas. Si l'on fait comme si Dieu n'existait pas, si l'on fait croire que l'on peut mener notre vie, ou l'essentiel de notre vie, comme si Dieu n'existait pas, c'est que l'on croit qu'il n'existe pas et que l'on veut faire croire qu'il n'existe pas, du style : "Dieu est une hypothèse inutile". Or, pour ne prendre que cet exemple,  c'est ce qui se passe de fait et depuis longtemps dans l'Education Nationale, c'est la conclusion implicite ou explicite de ses formes d'enseignement et de nombre de leurs contenus : "on vit très bien sans aucune référence à Dieu, voire en le niant", "Dieu est une hypothèse inutile, voire à combattre". 
Ce comportement de l'Education Nationale, de nos gouvernants et "élites" athées (pour ne pas dire anti-Dieu ? ) pourrait avoir un sens si l'on était capable de démontrer que Dieu n'existe pas, que celui que les religions appellent Dieu n'existe pas. Mais où est cette démonstration ?
En revanche, la philosophie réaliste est capable de découvrir l'existence d'un Etre Premier (que les religions appellent Dieu), que cet Etre Premier fait exister, en permanence et à chaque intant, tout ce qui existe et la moindre réalité qui existe. Et l'on prétendrait de vivre comme si Dieu n'existait pas ! Pas très "raisonnable" comme prétention.

A noter par ailleurs, entre autres choses, que le laïcisme promeut beaucoup la tolérance, le relativisme. Mais tout ceci sont des "trompe l'oeil". Voir notamment sur ce site : "Tolérance intolérante ?", dans la rubrique "Philosophie". Et en ce qui concerne le relativisme, tout serait relatif sauf le relativisme ? !!! Pas très logique tout ça.